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Entreprendre avec un cerveau TDAH : le cycle hyperfocus → crash que personne ne t’explique

TDAH et entrepreneuriat : 29 ans à enchaîner hyperfocus et crashs. Ce que personne n'explique, et ce qui m'a vraiment ramené à la vie.

RO Romain Gal Fondateur du Cocon · 26 juin 2026 · 6 min de lecture

Pendant 29 ans, j’ai cru que j’étais multipotentiel.

C’était plus flatteur que la vérité : un cerveau TDAH qui part dans tous les sens.

Aujourd’hui mon hyperfocus, c’est l’IA. Je construis des outils avec Claude Code pendant des heures. Et je vois ce que ça me coûte : mon sommeil, mes pensées, ma mémoire. Je l’ai mesuré sur moi.

Le problème n’a jamais été l’outil. C’est mon cerveau : il réclame toujours du nouveau — et il s’effondre dès qu’il l’a eu.

Entreprendre avec un TDAH, c’est vivre ça en boucle. Si tu te reconnais déjà, la suite est pour toi — pas pour te coller une étiquette, mais pour mettre des mots sur un cycle qui t’épuise.

Je ne suis pas diagnostiqué. Et je l’assume.

Autant le dire tout de suite.

Je ne vais pas t’expliquer que le diagnostic ne sert à rien — il sert. Et si tu te reconnais vraiment, va voir un pro. J’y reviens à la fin.

Mais je m’observe depuis 29 ans. Pas depuis deux articles lus en scrollant. Je ne te vends pas une théorie : je te raconte ce que je vis, de l’intérieur. Prends ce qui résonne, jette le reste.

« Multipotentiel », c’était le mot poli

Photographe. Vidéaste. Monteur. Créateur de sites. SEO, Meta Ads, tunnels d’acquisition. Consultant en marketing digital pendant 7 ans — avec Julie Ferrez, Mike Horn, Cimalp. J’ai monté une agence, des chaînes YouTube, une marque e-commerce, du marketing de réseau.

Une vingtaine de projets. À chaque fois à fond. À chaque fois lâchés en route pour le suivant.

Vu de l’extérieur : un profil riche. Vu de l’intérieur : j’étais broke, je ne finissais rien, et je ne comprenais pas pourquoi tout le monde semblait y arriver sauf moi.

« Multipotentialité » décrivait ce que je faisais. Le TDAH explique pourquoi je le faisais comme ça — et pourquoi ça m’a épuisé.

Le cœur du truc : le cycle hyperfocus → crash

Voilà le mécanisme que je n’ai vu décrit nulle part aussi clairement que je l’ai vécu.

Un cerveau TDAH régule mal la dopamine — la molécule de la motivation. Du coup il carbure à la nouveauté. Ça donne un cycle :

Nouveauté → hyperfocus → surinvestissement → crash → vide → besoin d’une nouvelle dose.

La phase haute : un projet me prend, et je m’enflamme. Énergie, idées en rafale, sentiment que tout est possible. Mon dernier en date, c’est l’IA — j’y passe mes journées, et une partie de mes nuits.

Le crash : la dopamine retombe. Et là, le vide. Ces creux de 14h30 à 18h où je lutte pour rester éveillé. J’ouvre deux-trois projets sans savoir quoi faire ni par où commencer. Je vivote. Pas de plan, pas d’énergie, perdu.

Attention — ce n’est pas un trouble bipolaire. La confusion est fréquente, la différence est nette :

Le cycle TDAH La dépression
Cycles courts, réactifs à la stimulation Humeur basse qui dure
La motivation monte et chute avec la nouveauté Plus de plaisir, durablement
Ça rebondit vite Peu sensible au contexte

Le vrai prix : ne jamais être là

On parle productivité avec le TDAH. Jamais du vrai prix. Pour moi, c’est celui-là : je ne suis jamais vraiment là.

Quand je vis un moment — un dîner, quelqu’un en face de moi —, je pense à l’ordi, à ce que je devrais avancer. Et quand je suis sur l’ordi, je me dis que j’y passe ma vie. Je ne suis jamais où je suis.

Je fuis le présent. Tout le temps. Soit dans le passé — la mélancolie, les regrets. Soit dans le futur — l’angoisse de trucs qui n’arrivent de toute façon jamais comme prévu.

Ça a un prix. Dix ans de burnouts à répétition, une dépression qui couvait. Mon pire effondrement est parti d’une rupture. Elle n’a été que l’allumette : tout a pris feu, et ça a révélé une vérité que je fuyais — j’étais paumé. Perso, pro, partout.

Si tu te reconnais dans cette partie-là — épuisement profond, idées noires, plus envie —, n’attends pas. Le 3114 (prévention du suicide) est gratuit, confidentiel, 24h/24. En parler n’est pas une faiblesse. C’est le premier pas.

Ce qui me ramène à la vie : couper

J’ai mis du temps à le voir, parce que c’est contre-intuitif pour un cerveau qui réclame du stimulant. Ce qui m’apaise, ce n’est pas plus. C’est couper.

Les deux seules fois en cinq ans où je me suis retrouvé dans un cadre où je ne pouvais pas toucher mon téléphone : magiques. Comme si on rallumait la lumière.

Je me sens vivant quand je voyage, quand je vais vers des inconnus, des lieux que je ne connais pas, quand je me force à sortir de ma zone de confort. Là, mon cerveau a sa dose de nouveau — mais du vrai, de l’incarné. Pas le shoot creux d’un énième onglet. Et surtout, je suis enfin dans le présent. En lien direct avec la vie.

Avec le temps, j’en ai fait une philosophie : me mettre en mouvement, encore et encore.

Alors j’ai créé ce dont j’avais besoin

À un moment, j’ai arrêté d’attendre que ces parenthèses tombent du ciel. Je les ai construites.

C’est pour ça que j’organise des immersions de déconnexion : quelques jours sans écran, en nature, avec des inconnus. Ce mélange exact d’inconfort et de présence qui me remet debout. Le Cocon est né de là.

Très concrètement : c’est la réponse que j’ai trouvée à mon propre cerveau.

Si tu te reconnais dans ce cycle, tu n’as pas à te « réparer ». Tu as peut-être juste besoin, de temps en temps, de couper pour de vrai. → découvrir les immersions du Cocon

Et si une immersion, c’est trop d’un coup : on a des cercles de parole en ligne pour commencer petit.

FAQ

C’est quoi le cycle hyperfocus-crash du TDAH ?

Une alternance liée à la régulation instable de la dopamine : une phase d’hyperfocus (énergie, créativité, surinvestissement) suivie d’un crash (chute de motivation, fatigue, vide), déclenchée par la perte de stimulation. Les cycles sont courts et réagissent au contexte — ce qui le distingue d’un trouble bipolaire.

Multipotentialité ou TDAH : comment faire la différence ?

La multipotentialité décrit une curiosité large et plusieurs talents. Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement avec un retentissement réel (épuisement, projets inachevés, désorganisation, souffrance). On peut être les deux. Seul un professionnel peut poser un diagnostic.

La déconnexion aide-t-elle vraiment avec un TDAH ?

Couper les écrans ne « soigne » pas un TDAH, mais réduit la surstimulation qui amplifie les troubles de l’attention, et reconnecte au présent. Beaucoup de personnes concernées décrivent un vrai mieux-être après une coupure franche.

Faut-il un diagnostic pour se faire aider ?

Non. On peut mettre en place des stratégies sans diagnostic. Mais un diagnostic posé par un professionnel évite de passer à côté d’une autre cause (anxiété, dépression, troubles du sommeil) qui donne les mêmes signes. Si tu te reconnais fortement, consulte.


Témoignage personnel, pas un avis médical. Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement qui se diagnostique cliniquement, par un professionnel formé. Si tu te reconnais, parles-en à ton médecin. En cas de souffrance intense ou d’idées suicidaires : 3114 (gratuit, 24h/24). Repères officiels : Haute Autorité de Santé et l’Assurance Maladie.

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Romain Gal
Fondateur du Cocon

Facilitateur de cercles de parole et d'immersions de détox digitale. Il écrit ici sur l'attention, le lien et l'art de débrancher.

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